Témoignage

« Toute douleur, même bénigne doit être traitée »

Publié le 14 décembre 2016 par Jacques Estrade

Ancien basketteur professionnel, Mohamed Kante entraine aujourd’hui des jeunes basketteurs. Educateur spécialisé et entraineur sportif, il conjugue un double regard : celui du sportif qui recherche la performance et celui de l’homme qui veille au futur de ses recrues, physique et intellectuel ! Le mot “Prévention" est à ses yeux primordial.

Quel âge ont les jeunes que vous entrainez ?

M.K. : J’entraîne des jeunes de 8 à 18 ans au sein d’un centre sportif pour professionnels. La plupart d’entre eux aimeraient faire carrière dans le basket et/ou en vivre de manière semi-professionnelle. D’où leur motivation à s’entrainer 6 jours sur 7 ! Et le dimanche, ils jouent en match. Ce sont des semaines très intenses d’autant plus qu’ils sont scolarisés classiquement.

shoot-estrade-38Quelles sont les grandes lignes de votre entrainement ?

M.K. : L’entrainement a deux facettes. Celle où l’on donne des conseils techniques pour améliorer les performances physiques et tactiques des joueurs.

Et celle, invisible où l’on travaille sur la santé physique et morale du joueur afin de le préserver sur du long terme. Ce n’est pas toujours facile à faire passer… d’autant que de nombreux clubs recherchent avant tout la performance à court terme.

En tant qu’entraîneur, comment veillez-vous sur la santé de vos joueurs ?

M.K. : Personnellement, je suis très attentif à mes joueurs autant sur le plan physique, personnel ou social. Si l’un se blesse souvent ou multiplie les tendinites, je l’envoie chez l’ostéopathe. Je veille à ce qu’aucune douleur ne s’installe durablement. C’est toujours délicat lorsqu’on s’entraine tous les jours de travailler avec un corps légèrement déséquilibré. Les blessures bénignes sont souvent les prémisses d’une plus grave : entorse de la cheville, du genou… La première règle que je suggère à mes joueurs est la suivante : plus vite on corrige le Trouble Musculo-Squelettique, moins on risque de récidives. C’est un double bénéfice, pour soi – diminution du risque de blessure grave – et pour l’équipe – éviter de perdre le match par démission d’un des joueurs. Par ailleurs, un joueur avec un système musculo-squelettique bien équilibré récupère de l’adresse, de l’agilité et de la vélocité !

shoot-estrade-22Donnez-vous des conseils de prévention santé à vos jeunes sportifs ?

M.K. : Mes joueurs sont jeunes, majoritairement moins de 18 ans. A cet âge, on récupère très vite. Une nuit sans sommeil, un match ensuite, tout est possible. Alors parler d’hygiène de vie, d’alimentation, ou d’autre sujet, comme de prendre le temps de mâcher… c’est difficile. On se heurte à des regards… pas très indulgents. Personnellement, je suis le premier à aimer le coca, les chips… et j’en suis le premier affecté sur le plan des compétences physiques. Alors je sais que je plante une graine et que peu à peu, ils prendront conscience du rôle de l’alimentation dans leurs performances. Personnellement, j’ai mis du temps à l’assimiler. Jacques, mon ostéo depuis 20 ans a dû me le répéter…

 

Est-ce difficile pour ces jeunes de concilier le sport et la vie à l’école ?

M.K. : Tous ces jeunes, je les vois tous les jours. J’aime dialoguer avec eux… de préférence sans les parents dont certains vivent leur vie par procuration. Je préfère laisser l’enfant s’exprimer. Certains peuvent avoir des problèmes à l’école, cumuler les retards. Le basket représente un enjeu central dans leur vie. Au delà d’être une passion, c’est une motivation de fond qui les pousse tous les jours à venir s’entrainer sur le terrain. En tant qu’entraîneur et éducateur, je veille toujours à ce que leur vie reste équilibrée entre le sport, la vie scolaire et la vie familiale, sociale. C’est très important de maintenir cet équilibre même au prix de quelques sanctions.

 

Qu’est-ce qui est primordial selon vous ?shoot-estrade-8

M.K. : Transmettre pour moi ne se limite pas à donner toutes les techniques de jeu que j’ai acquises au cours de ma carrière de sportif. C’est aussi transmettre toute l’expérience acquise au fil des blessures, des échecs. Notre corps est le premier à nous signaler nos limites. Pour les dépasser, encore faut-il les accepter. Tous mes échanges avec mon ostéopathe, Jacques Estrade qui m’accompagne depuis des années et continue de suivre des enfants de sportifs, ont une cette qualité : me donner de nouvelles pistes de progression que ce soit dans l’alimentation, dans l’hygiène de vie.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright 2015 Global Soft Therapy – Mentions légalesCrédits – Site propulsé par PUShAUNE