Sommes-nous condamnés à souffrir d’arthrose ?

Publié le 29 janvier 2013 par Jacques Estrade

Un article paru dans la Provence le 17 janvier 2013 décrit l’arthrose comme le mal du siècle : « Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir le genou qui flanche et les hanches qui coincent. L’arthrose est devenue la première cause de consultation, note le Pr Jean-Noël Argenson, chef du service de chirurgie orthopédique et de l’institut du Mouvement (CHU de Sainte Marguerite, Assistance Publique de Marseille). » L’arthrose est-elle inéluctable ? Ou existe-t-il quelques moyens de s’en prémunir ? Réponses dans le texte…

Dans l’article de la Provence, les causes à l’origine de l’arthrose sont les suivantes :

  1.  Le vieillissement : « plus on vieillit, plus le corps s’use »,
  2.  Le surpoids qui « fait souffrir en provoquant une hyperpression au niveau du cartilage »,
  3.  L’hyperactivité physique et sportive « qui se paie la Cinquantaine passée. ». « Tous les sports qui occasionnent des réceptions de saut, du piétinement, ou des mouvements brusques peuvent provoquer ce vieillissement » prévient le Pr Argenson.
  4.  Et une dernière cause est citée : les troubles d’axe d’origine héréditaire.

L’article continue en proposant les solutions suivantes :

  1. Passé 35-40 ans, attention au foot, au rugby, tennis, au ski, également au jogging pratiqués de manière intensive. « Quand vous courez, votre jambe supporte alternativement 3,5 fois votre poids » précise le Pr Argenson.
  2. Pour calmer la douleur, on peut procéder à des injections de corticoïde et d’acide hyaluronique pour retarder l’évolution de la maladie, indique le docteur Hervé Collado, médecin rééducateur.
  3. La chirurgie : l’âge moyen pour une prothèse est passé de 68 à 62 ans. « Ces patients vont bien sur un plan général mais ont du mal à marcher. » précise le docteur Hervé Collado.

D’une manière générale, toutes les solutions proposées s’adressent aux patients dont les lésions sont déjà constituées. Arrivés à ce stade, tous ces principes chirurgicaux s’avèrent efficaces et souvent incontournables d’autant plus que la douleur devient permanente.

La question qui se pose ici est la suivante : existe-t-il d’autres solutions qui pourraient éviter la constitution de la lésion ? Existe-t-il d’autres solutions qui font qu’à partir de 35-40 ans, il est toujours possible de faire du sport (foot, tennis, etc.) sans avoir peur du danger ?

La réponse à cette question en entraîne d’autres : le vieillissement est-il une fatalité ? En quoi l’obésité favorise-t-elle l’usure des cartilages ?

Comme le souligne le Pr. Argenson : « On intervient sur le genou qui n’a plus de cartilage et où les os frottent l’un contre l’autre. » Pour lutter contre la survenue de l’arthrose, l’objectif préventif serait d’enrayer la dégénérescence des cartilages. Deux solutions s’offrent :

Renforcer le cartilage par une nutrition adaptée

Le cartilage consiste en un réseau dense de fibres collagènes et de fibres élastiques, fermement enchâssées dans une composante gélatineuse, du chondroïtine sulfate. Le premier lui donne sa résistance, le deuxième sa résilience (capacité à reprendre sa forme après déformation). N’étant pas vascularisé, le cartilage nourri uniquement par le liquide sinovial, se reforme très lentement après une lésion. A l’âge adulte, la régénération du cartilage peut être altérée et faire ainsi qu’une lésion peut devenir relativement irréversible.

Une nutrition adaptée aura déjà une incidence sur l’obésité (éviter les hyperpressions constantes sur les cartilages) mais aussi sur la durée de vie des cartilages en bon état.

Protéger les cartilages

Articulation du genou (Extrait du livre A.I. Kapandji)

Chaque articulation est conçue pour fonctionner dans des mouvements qui lui sont propres et dans des axes très précis. Dans ce cas, les pressions exercées au niveau des cartilages sont réparties de façon harmonieuse sans provoquer d’usure excessive.

 

Détail de l’articulation du genou et des zones de frottement (extrait A.I. Kapandji)

Lorsque l’axe d’une articulation est décalée, les appuis le sont avec, comme risque, d’user plus certaines parties du cartilage. Leur constitution (moins résistante que l’os) fait que supporter une telle charge sur une surface limitée de manière répétitive et quotidienne provoque au fil du temps leur usure et leur destruction. L’arthrose n’est que la signature de cette destruction (Cf. le témoignage sur une coxarthrose de la hanche).

 

 

L’étude réalisée par la Pitié Salpêtrière confirme cette analyse : « Dans un genou normal à la marche, 60 à 80 % de la charge transmise à travers le genou, l’est sur le compartiment fémoro-tibial médial (FTM). L’axe frontal influence la distribution des charges sur les compartiments du genou. Les troubles de l’axe frontal du membre inférieur semblent être un facteur de risque important. Ils participent à un cercle vicieux dont l’arthrose évolutive entretenant et aggravant la maladie.
L’évolution naturelle des déviations en valgus et varus du genou est connue grâce à de rares études longitudinales pour la plupart publiées en 2000.

L’obésité et l’existence d’une déviation axiale sont des facteurs de risque d’arthrose le plus souvent retrouvés. L’obésité augmente la contrainte globale du genou. La désaxation frontale concentre la surcharge sur un compartiment. Il semble bien exister une interaction entre ces deux facteurs lorsqu’ils coexistent. » (page 101 – 12e journée de la Pitié Salpêtrière – Déviations axiales des membres supérieurs)

 

« Si l’axe frontal influence la distribution des charges sur les compartiments du genou, un autre axe vertical influence les tensions fémorales et tibiales avec une cause importante sur l’origine et l’évolution des gonarthroses fémoro-tibiales unicompartimentaires. (…)

Prendre en compte les désaxations frontales et les valeurs des torsions tibiales et les torsions fémorales pour comprendre l’origine des gonarthroses fémoro-tibiales et améliorer leur traitement par ostéotomie ou par prothèse semble être une nécessité. Mais on peut penser aussi qu’obtenir des cartilages résistants serait la meilleure voie pour diminuer le nombre des gonarthroses fémoro-tibiales. » (page 106 – 12e journée de la Pitié Salpêtrière – Déviations axiales des membres supérieurs)

Conclusion

Selon les conclusions de la Pitié Salpêtrière, il y aurait deux causes à l’origine de l’arthrose du genou :

  • un décalage des axes frontaux (varus, valgus) et verticaux (rotation fémur sur tibia)
  • une fragilité importante des cartilages.

Renforcer les cartilages, oui mais les protéger aussi, par un travail ostéopathique sur les axes. Travailler sur les décalages ne serait-ce pas la meilleure solution préventive quant à l’usure des cartilages et ses conséquences, l’arthrose, l’opération et la prothèse ?

L’ostéopathie reconnaît et corrige les axes du genou qui sont naturellement liés aux axes de la totalité du corps. Pour résumer l’analyse déjà faite à ce sujet, on peut dire qu’un os iliaque antérieur induit une rotation interne du fémur sur le tibia. Corriger le bassin permet une action de correction sur les axes du genou.

En savoir plus

Etat des recherches

Sur son site internet*, l’OsteoArthritis Research Society International (OARSI) propose une nouvelle définition de l’arthrose :

« L’arthrose est une affection touchant les articulations mobiles, caractérisée par un stress cellulaire et une dégradation de la matrice extracellulaire, initiés par des micro et macro traumatismes qui activent des réponses réparatrices inadaptées impliquant les voies de l’inflammation de l’immunité innée. »

« La maladie se manifeste initialement par des anomalies moléculaires (métabolisme anormal des tissus articulaires), qui sont suivies par des anomalies anatomiques et/ou physiologiques (dégradation du cartilage, remodelage osseux, formation d’ostéophytes, inflammation articulaire et perte de la fonction articulaire normale) pouvant aboutir à une « maladie ».

Voir l’article sur le site OsteoArthritis research Society International.

1 commentaire

  1. Ping : Pourquoi l’obésité nous fait plier les genoux ? | Sport Entreprises et Bien-Être

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright 2015 Global Soft Therapy – Mentions légalesCrédits – Site propulsé par PUShAUNE