Ostéoporose : le bienfait des oignons

Publié le 19 avril 2011 par Jacques Estrade

Une alimentation contenant des oignons, de l’ail, du persil, du fenouil… pourrait contribuer à prévenir l’ostéoporose.

Une équipe suisse vient de démontrer chez le rat que les oignons, ainsi que d’autres végétaux (ail, persil, laitue, concombre, fenouil…) inhibent la résorption osseuse. Si cela se confirme chez l’homme, une alimentation bien choisie pourrait contribuer à prévenir l’ostéoporose.

Les résultats montrent par exemple, que la consommation quotidienne de 1g d’oignon déshydraté pendant quatre semaines accroît le contenu minéral osseux de 17,7 %, l’épaisseur corticale moyenne de 11,8 % et la densité minérale de l’os trabéculaire de 13,5 %. Au total, ce sont 14 végétaux habituellement mangés par les humains qui peuvent inhiber la résorption osseuse.

De plus les effets sont additifs : c’est le cas d’une mixture de 500 mg d’oignons et 500 mg de persil italien ; c’est aussi le cas d’une mixture de laitue, de tomates, d’ail, d’ail sauvage, de persil commun, de persil italien, de concombre, d’arrugia (salade) et de fenouil (100 mg de chaque).

En revanche, on ne note pas d’inhibition de la résorption osseuse par les haricots, ni par des produits d’origine animale. Même le lait en poudre n’a pas d’effet significatif bien que contenant 1,29 % de calcium.

Extrait de Nature du 23 septembre 1999 – N°6554 – P343-344

 

Fruits et légumes : du baume pour nos os

Une solution contre l’ostéoporose : l’alimentation alcalinisante. Probablement, le moyen le plus efficace de prévenir l’ostéoporose consiste à réviser son régime : moins de sel, moins de protéines animales et de céréales – qui acidifient – plus de fruits et de légumes qui apportent des éléments alcalins comme les sels de potassium.

 

Remarque sur la relation protéine et ostéoporose

Le métabolisme des protéines génère beaucoup d’acidité dans le corps. Plus on mange de protéines animales, plus on élimine de calcium : chaque fois qu’on avale un gramme de protéines animales en plus, on perd environ 1 mg de calcium. De même, plus on mange de sel, plus on perd de calcium : 2,5 g de sel en plus en plus, fait fuir 15 mg de calcium.

Cependant, dans le dictionnaire des termes médicaux, le Garnier Delamare, on note à la rubrique ostéoporose : ”déminéralisation squelettique généralisée par raréfaction de la trame protéique de l’os. Elle se traduit cliniquement par des douleurs (surtout au niveau du rachis dorso-lombaire, siège des tassements vertébraux), une impotence des déformations osseuses, parfois des fractures. Les causes d’ostéoporose sont essentiellement des troubles du métabolisme protidique : insuffisance d’apport ou d’absorption.”

Même si l’on observe un régime acido-basique, il n’est pas conseillé de supprimer les protéines de notre alimentation, elles sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. Il s’agit de veiller à la qualité et à la quantité absorbée (surtout pour les protéines provenant des viandes) et de favoriser leur ingestion par une réelle mastication.

 

4 commentaires

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  2. BLANCO Olivier

    Théorie acide base : pas d’effet sur l’os !
    Selon la théorie acide-base, l’alimentation moderne, et notamment sa richesse en protéines, induirait une charge acide dans l’organisme qui, pour être neutralisée, entraînerait une mobilisation du calcium osseux, avec pour conséquence une augmentation de la calciurie (perte de calcium par les urines) et donc un effet délétère sur l’os. A l’inverse, les aliments alcalinisants, comme les fruits et légumes, auraient un effet protecteur. Cette théorie n’a jamais été testée et validée, ce qui n’empêche pas le régime « alcalinisant » d’être promu dans les médias, ou sur Internet, pour lutter contre l’ostéoporose et pratiquement toutes les maladies.

    Afin de vérifier ou d’infirmer cette théorie, une méta-analyse des 5 essais méthodologiquement corrects ayant étudié l’effet des protéines (apport normal vs apport élevé, sous forme de viande, soja ou lentilles) sur l’excrétion acide nette (NAE), la calciurie, la balance calcique et un marqueur du métabolisme osseux a été réalisée. Il existe effectivement une relation linéaire positive entre NAE et calciurie, mais les variations de NAE n’influencent pas la balance calcique ou le marqueur osseux. La perte urinaire de calcium est compensée par une absorption accrue de calcium et/ou une diminution de la sécrétion endogène de calcium dans le tube digestif, ce qui a été montré par ailleurs. La calciurie ne reflète donc pas la balance calcique, ni le risque d’ostéoporose, et cette méta-analyse démontre qu’une charge acide n’induit pas de perte osseuse.
    Les auteurs concluent donc que la promotion de la théorie acide-base et du régime alcalinisant est totalement injustifiée, voire délétère. En effet, des données suggèrent que les protéines pourraient au contraire exercer un effet favorable sur le risque osseux.

    Source : Fenton TR, et al. J Bone Min Research 2009 ; 24(11) : 1835-40.

  3. Jacques Estrade

    Extrait du livre “Micro-nutrition, santé et performance“ de Denis Riché
    et du Dr Didier Chos,

    Introduction: L’équilibre acido-basique de l’organisme;

    “Les cellules fonctionnent dans un contexte où la concentration en ions H+ (acide) varie relativement peu. Dans le cas contraire, de nombreux processus physiologiques seraient perturbés. Or, un certain nombre de phénomènes peuvent concourir à apporter des éléments acides. On évoque cette situation sous le terme d’acidification. Des processus de correction ou de compensation interviennent alors pour préserver, plus ou moins efficacement, ce contexte métabolique optimal. Ainsi, il est remarquable de constater que, malgré les à-coups de l’alimentation, le pH sanguin reste stable entre 7,36 et 7,42.

    La compensation de ces “à coups“ fait appel à des mécanismes qu’on nomme les “tampons“. Un “tampon“ est un système comportant un acide faible et sa base conjuguée (H2CO3/HCO3) par exemple. Il permet aux ions bicarbonates
    (HCO3) de se combiner à des ions H+ pour former H2CO3: l’ajout de quantités modérées d’acide ou de base forts n’entraînera pas une variation importante du pH. Par contre, l’activité métabolique produit des protons (via le CO2 et les acides forts). D plus, l’oxydation des nutriments dans les cellules génère de grandes quantités de CO2. En outre, le catabolisme hépatique des acides aminés produit des acides forts (sulfuriques et phosphoriques). Ils doivent tous être neutralisés pour assurer le maintien du milieu cellulaire.

    Pour cela, trois systèmes tampons principaux sont mis en jeu par l’organisme. Ce sont les os, les poumons et les reins. Ils interviennent à des moments différents.
    D’un point de vue chronologique, se produit d’abord une réponse osseuse, carbonate et bicarbonate de calcium sont arrachés de l’os et neutralisent les ions H+, puis, puis à moyen terme, c’est l’excrétion du CO2 pulmonaire qui permet de neutraliser des H+ sous forme de gaz carbonique suivant la réaction suivante : H+ + HCO3 donne H2O + CO2. Cette réaction nécessite la consommation d’un ion HCO3 qui sera généré par le rein à plus long terme (au bout de quelques heures).
    Pour sa part, la réponse rénale d’excrétion nette acide intervient après plusieurs jours.

    La question de l’impact réel d’un aliment X sur cet équilibre a longtemps suscité des interrogations et occasionné des erreurs méthodologiques. Selon qu’on parlait d’acidification sanguine, tissulaire ou urinaire.

    La plupart des aliments courants sont faiblement ou fortement acifiants.

    Les aliments ayant le plus fort potentiel alcalinisant sont les fruits secs (figues, dattes, raisins), les épinards, le melon, et d’une manière générale, avec les fruits frais.
    Parmi les sources de glucides, les pommes de terre, les haricots secs et les châtaignes.
    Les céréales et légumes secs sont de leur côté légèrement acidifiants pour certains (céréales complètes, lentilles) et davantage pour d’autres (riz blanc, pâtes blanches, pain blanc), sans doute en raison de leur pauvreté relative en éléments minéraux. Les dérivés de soja (tofu compris) sont alcalinisants, tout comme ceux du chou, en dépit de leur richesse en éléments soufrés.“

    Pour en savoir plus sur les quantités de protéines conseillés, lire la partie Protéines : animales et végétales.

    Quant à l’effet des protéines sur l’os il est connu depuis longtemps. Dans le Garnier Delamare (dictionnaire des termes de médecine), on peut lire à la rubrique ostéoporose : “déminéralisation squelettique généralisée par raréfaction de la trame protéique de l’os. Les causes d’ostéoporose sont essentiellement des troubles du métabolisme protidique: insuffisance d’apport ou d’absorption.“

    Dire de plus que la théorie acide / base du régime alcalinisant est totalement injustifiée, voire délétère, pourrait laisser penser que manger des légumes est dangereux !

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