Epaule & fracture

Fracture du trochiter… ne pas rester les bras ballants !

Publié le 11 octobre 2013 par Jacques Estrade

“Suite à une chute en VTT, mon médecin diagnostique une fracture du trochiter et me prescrit le port d'une attelle durant 3 mois avec, cerise sur le gâteau, entre 3 et 5 mois de rééducation. Cela tombait très mal, mon voyage de noce était programmé pour la fin du mois !“

“Subissant de fortes douleurs, principalement dues au port de l’attelle qui m’immobilisait le bras contre le corps et bloquait toute circulation dans mes doigts, je décidais d’aller voir mon médecin généraliste. Le diagnostic fut rapide : ”Il est normal d’avoir mal et surtout garde l’attelle.“

Une semaine plus tard, toujours perclus de douleurs, je me rends chez mon ostéopathe. Après examen de mes radios, il ré-équilibre mon bassin avant de réaliser un travail spécifique sur l’épaule. Pour finir, il me conseille d’utiliser mon bras sans jamais forcer et d’arrêter l’usage de l’attelle. En sortant, je lui tends la main… chose que je ne pouvais pas faire en arrivant. Résultat des courses : je n’ai pas eu besoin de rééducation, ni même de m’arrêter de travailler… j’ai pu partir en voyage de noces et porter nos valises…

Lors de la radio de contrôle, deux mois plus tard, les médecins sont très étonnés de voir la fracture ainsi consolidée et mon bras mobile aussi rapidement.“

Pourquoi limiter l’immobilisation ?

Comme l’explique le centrepaule, « si la fracture du trochiter n’est pas déplacée, l’immobilisation (coude au corps) doit être la plus courte possible et uniquement à visée antalgique. La rééducation doit être entreprise rapidement pour éviter un enraidissement de l’épaule. »

Dans ce contexte, le travail de la GST est de rééquilibrer l’ensemble afin d’éviter que la chute sur l’épaule génère des déséquilibres que ce soit au niveau des cervicales, du bassin, des genoux… sachant que tout est lié ! Mais surtout pour éviter l’ankylose complète de l’articulation de l’épaule dont la rééducation sera longue, chère et sans réussite à 100 %.

D’un point de vue général, ce ne sont que des bénéfices :

  • personnels : pas d’arrêt de travail, pas de désorganisation de l’équipe due à des personnes fatiguées ou absentes ;
  • et sociaux : diminution des coûts facturés à la Sécurité sociale.

Que la fracture ait provoqué un déplacement ou pas, le traitement ostéopathique doit toujours être envisagé dans sa globalité. Un grand principe ostéopathique dit que plus on traite loin de la lésion, plus les effets sont bénéfiques. Dans ce cas, il s’agit de corriger le bassin, son positionnement, les vertèbres, la relation sacrum-occiput par la dure mère.

L’extrémité supérieure de l’humérus est constituée par la tête de l’humérus qui s’articule avec l’omoplate au niveau de la glène (cavité articulaire de l’omoplate). Deux tubérosités sont présentes sur la tête de l’humérus :

  • le trochiter (ou tubercule majeur), sur lequel sont insérés deux tendons majeurs de ce que l’on nomme la coiffe des rotateurs, (le sus et le sous-épineux, le petit rond)
  • le trochin (ou tubercule mineur) sur lequel est inséré le sous scapulaire (sub scapularis).

L’articulation gléno-humérale se compose de deux os : l’humérus et l’omoplate. Trois grands muscles ont une action déterminante sur la position de ces deux os l’un par rapport à l’autre. Ils sont :

 

  • img_2986le muscle trapèze dont les insertions relient l’occiput, les vertèbres à l’épine de l’omoplate, le tiers externe de la clavicule et le bord médial de l’omoplate ;

 

 

 

  • img_2983le grand pectoral dont les insertions relient en haut, la moitié médiale de la clavicule à la face antérieure du manubrium, du sternum, des côtes et de l’humérus (sillon trabéculaire)

 

 

  • img_2982le grand dorsal dont les insertions relient en bas les vertèbres (T8 à S1, S2), la crête médiane du sacrum à la lèvre externe de la crête iliaque à l’humérus en haut ;

 

 

 

Ces tensions musculaires ont une action sur la circulation sanguine et lymphatique. Au niveau local, il est essentiel de relâcher le muscle du trapèze dont les insertions sont les suivantes :

  • insertions distales sur l’épine de l’omoplate et le tiers externe de la clavicule
  • insertions sur le bord médial de la clavicule.

Les tensions du trapèze jouent un rôle très important sur le positionnement de l’articulation gléno-humérale qui, par l’intermédiaire de la capsule, a un effet sur la tête de l’humérus.

Sur l’omoplate s’insère la coiffe des rotateurs composée des muscles sus-épineux, sous-épineux et petit rond. Le sus-épineux possède une insertion distale sur le trochiter. Relâcher toutes ces tensions musculaires permet de relâcher les insertions proximales (occiput, vertèbres). Ce travail global et ostéopathique sur les insertions proximales permet par son action indirecte de relâcher l’ensemble du complexe articulaire de l’épaule.

 

En savoir plus sur l’anatomie du trochiter.

 

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