Nos cartilages souffrent

Publié le 25 mai 2017 par Jacques Estrade

En France, 4,6 millions de personnes souffrent d’arthrose… une estimation qui risque d’aller croissante avec des facteurs de risque supplémentaires comme l’obésité. Sport et excès de poids usent et détruisent nos cartilages qui disparaissent peu à peu. La douleur n'apparaît que lorsque ces derniers n'existent plus...

Rappel : Ce qui est dit sur les cartilages par le corps médical conventionné

 

  • Les cartilages jouent le rôle d’amortisseur au niveau des articulations osseuses. Ils accompagnent tous nos gestes et subissent en permanence des pressions, des frictions, des élongations rotatoires…
  • Les tissus cartilagineux ne sont ni innervés, ni vascularisés : leur régénération et leur cicatrisation restent très faibles comparativement à celles de l’os ou d’autres tissus.
  • Aucune douleur n’est ressentie jusqu’à leur disparition de fait qu’ils ne soient pas innervés. La douleur apparaît lorsque les os sont en contact direct sans l’amortisseur qui est le cartilage. Cette douleur est le début des premières manifestations de l’arthrose qui aboutissent au bout d’un certain temps à une opération chirurgicale.
  • Le fait de ne pas être vascularisé implique que leur nutrition est directement dépendante des mouvements articulaires (marche, course…) et de façon plus générale, des exercices physiques. Article à lire sur le sujet : Comment la nutrition peut éviter ou retarder la dégénérescence discale.

 

Comment nos cartilages s’usent-ils ?

Les principaux facteurs incriminés sont la vieillesse avec l’arthrose qui détruit les cartilages, l’obésité qui les écrase, l’excès de sport qui les use à force d’abus…

Les causes de destruction du cartilage articulaire sont diverses : arthrose, arthrite inflammatoire, nécrose, ostéochondrite, tumeur, traumatismes… qui toutes génèrent les mêmes symptômes – douleur, enraidissement jusqu’à créer une incapacité fonctionnelle.

 

A quelles épreuves, les cartilages sont-ils soumis au quotidien ?

Le cartilage est aussi nommé la partie molle de l’articulation. Situé entre deux os, il subit en permanence les frictions et les pressions. En tant qu’ostéopathe, se posent plusieurs questions :

  • Est-ce la répétition du geste (microtraumatismes) qui génère l’usure ?
  • Est-ce la texture du cartilage qui avec l’âge ou la maladie, s’use et se fragilise sachant que le taux de régénération de ses cellules, les chondrocytes est faible ?
  • Est-ce les déséquilibres du squelette, à partir du décalage du bassin, qui se répercutent sur les autres articulations, genoux, coudes… et accélèrent l’usure des cartilages ?

 

Ma vision en tant qu’ostéopathe sur l’usure des cartilages

Accompagnant de nombreux sportifs dont des basketteurs professionnels, je suis sans cesse confronté à cette usure précoce des cartilages, accéléré par les multiples pressions sur les cartilages des genoux, chevilles. Beaucoup de basketteurs ayant évolué dans des équipes internationales et ayant été suivis de manière classique (médecine conventionnelle et kinésithérapie) ont dès 35 ans voire avant, une impotence fonctionnelle empêchant la pratique de sports à haut niveau. Malgré ces déficits, le recentrage ostéo-articulaire par l’ostéopathie les améliore à un point tel qu’ils reprennent le sport à haut niveau.

Sauts, accélérations, chutes, ont tendance à augmenter le déséquilibre du système ostéo-articulaire. L’usure des cartilages me semble-t-il est fortement accentuée par des appuis déséquilibrés. De la même manière que l’on rééquilibre le châssis d’une voiture pour éviter l’usure des amortisseurs accentuée par la répartition des charges, il me semble normal de rééquilibrer notre système ostéo-articulaire à partir du bassin pour limiter l’usure des cartilages. Face à mes conclusions obtenues au cours de ma pratique quotidienne, je propose celles extraites d’une étude menée par la Pitié Salpétrière.

 

“Un iliaque postérieur génère une réduction de l’antéversion fonctionnelle du cotyle et donc un déficit de rotation interne fonctionnelle de hanche. Le secteur de rotation est dévié vers la rotation externe. La situation, si elle est figée, peut générer des compensations dans le secteur sous-pelvien ou dans les étages mobiles sus jacent. Des douleurs sacro-iliaques ou des articulations postérieures sont d’ailleurs fréquemment rencontrées. A l’inverse, un iliaque antérieur augmente l’avance à l’anteversion fonctionnelle du sujet et une tendance à la rotation interne de hanche.“ Déviations Axiales des membres inférieurs – Du normal au pathologique 12e journée de la Pitié Salpétrière – Extrait page 68

 

Le genou… le premier affecté par l’usure des cartilages

La symétrie parfaite n’existe pas au niveau du corps humain. Malgré une répartition des charges souvent inégale, il s’agit de garder une liberté de rotation au niveau de toutes les articulations du corps.

L’observation de personnes exemptes de douleurs ou de dysfonctions démontre que dans plus de 90 % des cas examinés, on peut observer un décalage des os du bassin (hauteur des crêtes iliaques, comparaison droite-gauche des épines iliaques antérieures ou postérieures) en position debout, assise ou allongée.

Le décalage mécanique entraine automatiquement des variations dans les 3 axes du sacrum :

  • une inclinaison frontale droite/gauche,
  • une variation sagittale avant/arrière
  • et une rotation autour de l’axe vertical (plan horizontal).

Il s’agit en fait d’un vrillage du bassin qui se répercute sur le genou. La position de base du sacrum détermine et modifie les éléments ostéo-articulaires sus et sous-jacents en ce qui concerne le tronc.

Tout déséquilibre de charge installé, en particulier sur de jeunes sportifs, va se retrouver en premier lieu au niveau du genou.

 

“Un genou sans déviation frontale, et donc sans surcharge d’un des compartiments fémoro-tibiaux par rapport à l’autre, ne doit pas développer d’arthrose fémoro-tibiale unicompartementaire.“ Déviations Axiales des membres inférieurs – Du normal au pathologique 12e journée de la Pitié Salpétrière – Extrait page 107

 

“L’usure postéro-médiale traduit une mise en rotation externe du tibia sous le fémur ou une rotation interne du fémur au dessus du tibia. Avec l’évolution de l’arthrose, le compartiment latéral se subluxe en avant sous le fémur.“

« Dans un genou normal à la marche, 60 à 80 % de la charge transmise à travers le genou l’est sur le compartiment femoro-tibial médial (FTM), l’axe frontal influence la distribution des charges sur les compartiments du genou. Les troubles de l’axe frontal du ?? semblent être un facteur de risque important. Ils participent à un cercle vicieux dans l’arthrose évolutive, entretenant et aggravant la maladie. » Extrait page 110

 

Arthrose de hanche… 2e manifestation

En ce qui concerne la coxarthrose, le traitement ostéopathique effectué sur des arthroses de hanche évoluées dont l’opération avait été programmée permet de la retarder de plusieurs années et de l’éviter si le traitement est précoce (traitement préventif).

 

“La méconnaissance de ces problèmes peut faire ignorer certaines causes de douleurs de hanche et de la charnière lombo-sacrée ou certains mécanismes arthrogènes.“ Déviations Axiales des membres inférieurs – Du normal au pathologique 12e journée de la Pitié Salpétrière – Extrait page 69

 

“L’obésité et l’existence d’une déviation axiale sont les facteurs de risque d’arthrose le plus souvent retrouvés. L’obésité augmente la contrainte globale du genou essentiellement en varus. La désaxation frontale concentre la surcharge sur un compartiment. Il semble bien exister une interaction entre ces deux facteurs, lorsqu’ils co-existent. 

Néanmoins, manquent encore des études prospectives de populations de sujets porteurs de désaxations mais sans signes, ni symptômes d’arthrose, pour parfaire la connaissance de l’histoire de la gonarthrose.“ Extrait page 103  

 

L’usure des cartilages n’est pas une fatalité

Tout jeune sportif entre 12 et 14 ans, passionné et capable de faire plusieurs heures de sport par semaine peut user ses cartilages à grande vitesse s’il pratique avec un squelette ostéo-articulaire déséquilibré. Toute personne présentant une surcharge pondérale sur un système ostéo-articulaire déséquilibré aussi, etc.

Les gestes répétés, les chocs ou frictions multipliés sur un système décalé vont finir par vriller les muscles et fausser les appuis. Ces légers dysfonctionnements ont des conséquences à terme dont l’arthrose. Multiplier les efforts répétitifs sur un système ostéo-articulaire provoque une dégénérescence des cartilages chez des sportifs encore jeune. Une erreur de jeunesse qui peut à terme être irrémédiable et favoriser le développement de l’arthrose.

 

“Prendre en compte les désaxations frontales et les valeurs de torsions tibiales et les torsions fémorales pour comprendre l’origine des gonarthroses fémoro-tibiales et améliorer leur traitement par ostéotomie (chirurgie) ou par prothèse semble être une nécessité. Mais on peut aussi penser qu’obtenir des cartilages résistants serait la meilleure voie pour diminuer le nombre de gonarthroses femoro-tibiales.“ Déviations Axiales des membres inférieurs – Du normal au pathologique 12e journée de la Pitié Salpétrière – Extrait page 108

 

En attendant, mieux vaut protéger ses cartilages !

Les cellules du cartilage, appelées chondrocytes, sont enchassées dans une abondante matrice extracellulaire essentiellement composée de fibres de collagène et de protéoglycannes (des polysaccharides qui retiennent facilement l’eau).

Comment les renforcer au niveau alimentaire :

  • Chondrocytes : il existe un médicament remboursé par la Sécurité Sociale à base d’avocats et de soja. Autant prendre de l’avocat dans un yaourt de soja !
  • Collagènes : le collagène est présent dans les tout petits os de la poule, la peau des poissons, les pieds de porc. Faire des bouillons de poule est une solution simple et économique !
  • Protéoglycannes : Lire l’article sur la composition des cartilages et l’alimentation associée.

Etat des recherches actuelles sur la réparation des cartilages

Extrait de l’article du Lancet : « Le cartilage articulaire est peu habilité à l’autoréparation. Même les petites lésions du cartilage ne se réparent pas d’elles-mêmes et peuvent s’aggraver au fil du temps. Les traumatismes du cartilage articulaire restent un vrai défi pour la médecine, du fait de la douleur, des troubles fonctionnels et parfois même du handicap qu’ils génèrent.

L’arthrose est une conséquence à moyen et long terme des traumatismes du cartilage qui concerneraient chaque année en Europe et aux Etats-Unis près de 2 millions de personnes. Or, à ce jour, aucun traitement, qu’il soit conventionnel ou basé sur des greffes de chondrocytes, ne permet de restaurer correctement ce cartilage articulaire.

Dans ce contexte difficile, des chercheurs suisses apportent une note d’espoir : ils viennent de réaliser pour dix patients souffrant de lésions traumatiques du cartilage (de 2 à 6 cm2) au niveau d’un condyle fémoral ou de la trochlée, une greffe de cellules cultivées à partir de chondrocytes de la cloison nasale, avec des résultats vraiment intéressants. Leur essai publié le 22 octobre par la revue britannique The Lancet ouvre de nouvelles perspectives dans la prise en charge des lésions du cartilage. »

Dégénérescence discale… comment la nutrition peut-elle l’éviter ?

 

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