Liquide synovial

Liquide synovial : de l’huile dans les rouages !

Publié le 21 juin 2017 par Jacques Estrade

Arthrose, arthrite, rhumatismes… quelle est l’origine de ces douleurs souvent exacerbées au réveil ! En quoi la dégradation du liquide synovial et le décalage du bassin ont-ils une incidence ?

Entre chaque articulation ostéo-articulaire (excepté les disques vertébraux), se loge une membrane ourlée de franges et remplie de liquide synovial. Ce liquide produit par la membrane du même nom est visqueux, transparent, assez semblable à du blanc d’œuf comme sa racine latine le laisse entendre (ovum signifie œuf en latin). La membrane forme une pellicule sur les faces internes de la capsule articulaire et le liquide qu’elle contient facilite le glissement au niveau des articulations et plus particulièrement au niveau des cartilages (cf. schéma ci-dessous). De plus, comme ce dernier n’est pas vascularisé, le liquide synovial lui apporte les nutriments dont il a besoin.

 

Les conditions de glisse optimales

Afin que l’articulation trouve et maintienne son usage le plus optimal, il est indispensable que certaines conditions soient bien respectées :

1.    Les surfaces articulaires doivent être bien ajustées l’une face à l’autre. Le rôle de l’ostéopathie est de rétablir cette congruence.

2.    La pratique d’exercice physique de manière régulière et adaptée. C’est en effet, les compressions et décompressions successives des cartilages en jonction avec la membrane synoviale qui va permettre leur nutrition et l’entretien de cet ensemble fonctionnel. Notons l’importance de l’échauffement dont un des grands avantages sera de stimuler la production qualitative de liquide synovial. Il est donc essentiel avec l’âge progressant, d’augmenter le temps d’échauffement avec comme bénéfice supplémentaire, d’assouplir les articulations.

 

Composition du liquide synovial

Le liquide synovial est constitué d’eau, de protéines, d’acide hyaluronique et de macrophages – cellules qui éliminent les déchets cartilagineux dus à la dysfonction articulaire.

 

Synovite ou inflammation de la synovie

La dysfonction ostéo-articulaire génère des appuis déséquilibrés au niveau de l’articulation. L’utilisation quotidienne d’une articulation dans ces conditions va provoquer une usure prématurée du cartilage, détruisant ses cellules, les chondrocytes et le collagène. Les cellules détruites vont passer dans le liquide synovial et provoquer son inflammation avec pour résultat immédiat de diminuer sa viscosité et le glissement entre les parties… Un cercle vicieux puisque la diminution du liquide synovial entraine une dénutrition des cartilages et une nécrose augmentée de son tissu. Ainsi s’établit un cycle pathologique évoluant systématiquement vers l’arthrose. Ce phénomène est décrit habituellement par le terme “micro-traumatismes“. Si les gestes répétitifs (dits micro-traumatismes) sont un des paramètres de la destruction cartilagineuse, l’autre élément encore plus important dans la genèse de l’arthrose est le décalage et la désaxation du système ostéo-articulaire (cf. Livre édité par la Pitié Salpêtrière) : ce point est un des fondements de l’ostéopathie.

Dans cet article, il n’est envisagé que le rôle mécanique au niveau articulaire sur lequel l’ostéopathie a un effet probant. Il existe évidemment d’autres facteurs à l’origine de problèmes articulaires : maladies auto-immunes, spondylarthrite ankylosante, polyarthrite rhumatoïde…. Toutefois, toutes les pathologies ostéo-articulaires trouvent à différents niveaux un bénéfice à la pratique de l’ostéopathie.

 

Eviter l’usure des cartilages

Pour exemple, lorsque la rotation interne du tibia sur le fémur se passe sur un système ostéo-articulaire déséquilibré, la répartition des forces au niveau du cartilage se fait sur une surface minime qui accélère son usure.

Sur les deux prises de vue suivantes, les mouvements de rotation du tibia sous le fémur sont très exagérés pour la bonne compréhension du phénomène. Ces décalages sont infimes et très souvent non perçus par les images radiographiques. Seule une palpation manuelle très fine permet de les détecter (l’ostéopathie est fondée sur la palpation manuelle).

Le tibia est bien positionné par rapport au fémur avec une congruence optimale : la rotule en contact avec le tibia sur toute sa surface, le cartilage subit une pression minimale.

 

 

 

Le tibia étant en rotation externe par rapport au fémur, la surface cartilagineuse de la rotule subit une pression maximale sur une surface très réduite. Cette pression répétée provoque une usure prématurée du cartilage avec destruction des chondrocytes. Les cellules mortes vont peu à peu diminuer sa fonction d’amortisseur. L’inflammation du liquide synovial va générer à terme de l’arthrose.

 

En savoir plus

Définition de la membrane synoviale

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