Pourquoi la médecine conventionnelle a un comportement d’autruche face à l’ostéopathie ?

Publié le 9 décembre 2013 par Jacques Estrade

A l'occasion du symposium international d'ostéopathie qui a eu lieu le samedi 23 novembre à la faculté de Nice, un doyen d'université, le Pr Patrick Baqué, des professeurs et des docteurs en médecine ont proposé d'évaluer pour la première fois d'évaluer les approches communes à l'ostéopathie et à la médecine... et de se poser la question : pourquoi l'ostéopathie n'était pas reconnue par l'université !

Lors du discours d’ouverture du symposium International d’Ostéopathie – Congrès de Nice – 23 sept. 2013 -,  le Doyen d’université, le Pr Patrick Baqué a déclaré : « C’est une première d’accueillir ce symposium international et je voudrais expliquer ma démarche. Comme vous le savez, l’ostéopathie est une activité qui n’est pas reconnue par l’université. L’ostéopathie est enseignée, non pas par l’université, mais par des écoles dont la régulation essaye de se mettre en place actuellement. En tant que doyen de l’université et en tant que praticien, c’est une question qui m’intéresse depuis des années. La question à se poser c’est pourquoi l’ostéopathie n’est pas reconnue par l’université.

Deux raisons à cela : une d’ordre diagnostic, une d’ordre thérapeutique.

Dans une démarche clinique, lorsqu’un patient vient consulter pour un symptôme, il y a deux temps essentiels :

  • celui du diagnostic
  • celui du traitement.

Deux temps distincts qui ont chacun leurs difficultés.

Pour faire un diagnostic, il faut un background, des connaissances et une méthode. La méthode anatomo-clinique a été inventée par le siècle des lumières. Ils sont passés d’une médecine hippocratique à une médecine méthodique.

Cette méthode ne peut être faite que lorsqu’on connaît la classification des maladies (nosologie). Si on ne fait pas cette démarche, on est en danger.

Tout symptôme peut être le symptôme d’une maladie organique (cancer, infections, traumatismes..) ou fonctionnelle. C’est ça la nosologie, de savoir classifier pour savoir à quels types de troubles on s’adresse.

C’est très compliqué de faire un diagnostic. Moi-même en tant que chirurgien digestif, savoir pourquoi les gens ont mal au ventre est toujours délicat. Il y a toujours un doute diagnostic, et tant qu’on a un doute, il est difficile d’appliquer un traitement.

L’effort, la première chose à faire lorsqu’on prétend soigner les gens est de faire un diagnostic méthodique.

Le deuxième élément pour faire accepter l’ostéopathie par l’université concerne les aspects thérapeutiques. Dans la médecine universitaire, on oppose la médecine méthodique basée sur des preuves, avec la médecine dogmatique.

Ce que la médecine ou l’université reproche à l’ostéopathie, c’est de proclamer des méthodes thérapeutiques, qui présentent certes des succès au quotidien – l’ostéopathie est en effet reconnue par la population que ce soit pour soulager la douleur, que ce soit par des sportifs de haut niveau… On est donc là dans un paradoxe, où il y a :

  • d’une part une activité ostéopathique, utilisée et consommée par la population, voire même remboursée par certaines mutuelles
  • d’autre part, le comportement d’autruche de l’université, qui continue à ne pas vouloir s’occuper de cela parce qu’on n’a pas envie de se poser les bonnes questions et comment avancer.

Sur le plan du traitement, il va falloir évaluer vos méthodes. Il ne suffira pas de dire c’est parce que je tire sur telle partie du corps humain, que ça soulage telle autre. Ca ne satisfera jamais l’université. Si vous voulez montrer que vos méthodes de thérapie manuelle marchent, il faudra les évaluer avec des méthodes. Il y a un énorme champ de développement, de travail, d’évaluation

Je souhaite que ce sujet ne soit pas tabou, je souhaite qu’on puisse en parler tranquillement sans déchainer les passions.

Je crois que la médecine n’est pas que clinique. Je crois qu’elle doit être globale, holistique.

Faire des soins à des patients, n’est pas juste appliquer des méthodes. Il y a des patients qui se plaignent de douleurs et que le traitement ne suffit pas à guérir. En accompagnant le patient avec des soins, on peut mieux traiter la douleur et les aspects dysfonctionnels du corps. »

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