Pathologies articulaires

Fibromyalgie… Maladie mystérieuse

Publié le 6 septembre 2016 par Jacques Estrade

Douleurs musculaires, articulaires, fatigue, troubles de l’humeur et du sommeil, perte de mémoire… tout s’allie dans cette maladie, nommée fibromyalgie, longtemps méconnue par les médecins et décrite comme troubles psychosomatiques… Reconnue par l’OMS depuis 1992 comme maladie rhumatismale, elle défie toujours le monde de la science et de la médecine. L’origine de la douleur reste inconnue et les traitements encore insuffisants pour une rémission totale. Plus de 680 000 personnes en France, en souffrent, 5 millions aux Etats-Unis. L’avis de la GST sur le sujet.

 

Une maladie par défaut… Description médicale

Les manifestations de la fibromyalgie diffèrent entre les personnes. L’échelle des manifestations va de la légère fatigue liée à un inconfort musculaire à des douleurs intenses, empêchant le sujet de se tenir debout voire de porter un objet.

Contrairement à d’autres douleurs qui disparaissent avec la dissolution de la raison, les douleurs persistent sans raison et deviennent chroniques. Ce type de douleurs ont généralement pour raisons soit des maladies inflammatoires (comme l’arthrite), soit neuropathiques (nerfs endommagés). La fibromyalgie ne serait ni l’une, ni l’autre, mais les deux à la fois comme le précise l’article paru en septembre 2016 dans Cerveau&Psycho, magazine scientifique sur la santé (groupe Sciences & Vie).

 

Les résultats des recherches sur la fibromyalgie

(Extrait de l’article Cerveau&Psycho – sept. 2016)

Des effets sur le cerveau 

  • diminution du volume de la matière grise, notamment dans le cortex cingulaire.
  • Activité altérée de certaines zones cérébrales dédiées à l’attention et au traitement d’informations sensorielles, notamment sonores.

Des impacts sur les nerfs

  • Diminution des terminaisons nerveuses sur les fistules localisées à la surface des paumes de mains. Ces fistules régulent le flux sanguin et ainsi la température corporelle. Cette régulation en surface permet une modulation des afflux de sang des tissus plus profonds, sous-tendant l’action des muscles et des organes lors d’un exercice physique. Mal régulées, les fistules peuvent priver les muscles d’un apport sanguin efficace, entrainant la sensation de fatigue.
  • Chez un tiers des patients, les nerfs réagissent de manière excessive. « Normalement, les nerfs véhiculant la douleur sont inhibés. Mais chez certains patients, ils sont ultrasensibles et constamment activés. » explique Jordi Serra (University of Barcelona – Neurosciences). Pour lui, la douleur chronique s’expliquerait par cette hyperexcitation des nerfs qui transmettent sans arrêt des signaux au cerveau, lequel les interprète alors comme de la douleur.

Pour le rhumatologue Daniel Clauw, de l’université de Michigan, les dommages aux nerfs sont la conséquence d’un système nerveux central hyperactif. « On sait qu’endurer une douleur chronique peut modifier le cerveau, le restructurer. Pourquoi ne serait-ce pas le cas avec le système nerveux périphérique ? »

D’autres experts se posent la question à savoir si les patients ont un cerveau prédisposé à la douleur chronique ? Ou si celle-ci modifie-t-elle la structure comme le fait par exemple l’apprentissage d’une langue dans le cadre de l’épigénétique (modification du cerveau en fonction de l’environnement et des conditions de vie).

 

Les traitements soulagent la douleur. Aucun ne guérit !

Syndrome de douleur chronique, affectant particulièrement les muscles et les articulations, la Fibromyalgie défie les scientifiques depuis plus de 20 ans. Aucun traitement n’a résulté des recherches effectuées sur le cerveau. Pourtant, cette pathologie semble y laisser des traces. Quelques dommages au niveau des nerfs pourraient expliquer certains symptômes.

En définitive, les causes de la maladie sont un vrai casse-tête médical et suscite des questionnements de la part des chercheurs, des généticiens et des neurologues. « Si vous avez une vie heureuse, votre prédisposition génétique à la douleur ne se manifestera pas. En revanche, si vous vivez un événement traumatisant, elle risque de s’exprimer », explique la neurologue Claudia Sommer, de l’université de Würzburg (Allemagne) interviewée en septembre 2016 par le magazine Cerveau & Psycho.

Les traitements actuels de la fibromyalgie visent essentiellement à soulager ses symptômes. Très souvent, les traitements médicamenteux s’accompagnent d’une réhabilitation physique afin d’alléger les douleurs musculaires, les troubles de l’humeur et du sommeil. Ils sont :

  • thérapie cognitive pour apprendre à mieux gérer la douleur
  • soutien psychologique souvent important pour affronter le quotidien, adoucir le stress facteur généralement aggravant,
  • activité physique adaptée et régulière (natation, yoga, Qi gong, marche…)
  • les pays chauds et ensoleillés qui permettent de détendre les muscles et non de les contracter sous l’effet du froid.

La vision de la GST

Le collège américain de Rhumatologie a reconnu neuf paires de points sensibles répondant aux critères de la fibromyalgie (1990).

Lorsqu’on a 11 points sur 18, il devient fort probable de souffrir de fibromyalgie, d’autant plus si ces douleurs sont associées à des troubles du sommeil, une dépression nerveuse. Reste la question : la dépression et les troubles du sommeil ne sont-ils pas une conséquence des douleurs devenues chroniques ?

 

L’anatomie sous la question de la GST

Les points douloureux décrits ci-dessus sont situés d’un point de vue anatomique sur des zones d’insertion musculaire. Si l’on observe, pour exemple, les points situés sur le dos de manière détaillée, la conclusion semble évidente :

 

  • img_2986Les points situés sur le trapèze sont tous les trois sur des zones d’insertion musculaire : au niveau de l’occiput, de l’épine de l’omoplate et du tiers externe de la clavicule ;
  • On trouve également des points sur l’élévateur de l’omoplate, anciennement angulaire de l’omoplate. Le muscle s’insère sur l’angle médial de l’omoplate et sur l’occiput et les premières cervicales.

 

  • img_2982Sur le muscle du grand glutéal (muscle grand fessier) qui s’insère sous la crête iliaque, sur le bord externe du sacrum et sur le grand trochanter ;
  • Les points sur le grand dorsal s’insère par une aponévrose sur le sacrum et les crêtes iliaques, sur les vertèbres lombaires dorsales et viennent sur le bord latéral de l’humérus (à côté du grand pectoral).
  • D’autres points situés sur le glutéal (grand et moyen fessier) s’insèrent sous la crête iliaque, bord latéral et sur le grand trochanter.

 

Libérer les tensions musculaires : première étape de la GST

La première phase du traitement commence par une correction de tout décalage ostéo-articulaire pouvant exister au niveau du bassin, suivie du traitement de toute dysfonction au niveau de la colonne vertébrale, de l’occiput (relation sacrum occiput), des omoplates, puis des clavicules.

Tous les muscles pré-cités subissent une tension lorsque le bassin est décalé. Les muscles s’insèrent par l’intermédiaire des tendons qui eux-mêmes s’insèrent dans l’os et non pas sur l’os. Ces insertions tendineuses ou ligamentaires sont réalisées par les fibres de Sharpey qui pénètrent dans l’os. Toute tension musculaire provoque une distension des fibres de Sharpey ce qui est une explication des douleurs localisées aux 18 points précités.

Habituellement, le traitement des muscles peut être réalisé par un kinésithérapeute, par des massages, étirements ou différentes applications (chaleur, froid, boue…). L’effet momentané est relaxant mais il n’est pas forcément de longue durée. La vision de l’ostéopathie dit que, pour libérer un muscle de ses tensions, il faut travailler sur ses insertions qui sont sur deux os différents et qui par leur décalage réciproque, provoque la tension des muscles. Corriger une dysfonction musculo-squelettique paraît facile. Simple problème mécanique… En réalité, il s’agit de tenir compte de tout l’environnement de cette articulation : muscles, tendons, ligaments, capsules, aponévroses, facias, système nerveux, système hormonal, système sanguin, organes digestifs, capacité respiratoire…

 

« La règle de l’artère est suprême »

Tel est le grand principe de l’ostéopathie selon Andrew Taylor Still. Toute dysfonction mécanique risque de freiner la circulation sanguine, par conséquent la nourriture des tissus en oxygène, nutriments et l’élimination des toxines au niveau des muscles. Le fonctionnement en aérobie lors d’efforts sans oxygène, secrète de l’acide lactique qui va provoquer des douleurs pour « obliger » le corps à cesser un effort qui le met en péril.

 

Fibromyalgie et émotions…

En Médecine Traditionnelle Chinoise, nos émotions sont assimilées par le Foie, regardé non pas comme un organe, mais comme une fonction. Des émotions trop fortes peuvent bloquer son métabolisme. La fonction du Foie est de stocker le sang et de gouverner le Qi.  Lorsque le Qi circule librement dans le corps, son action va bénéficier à toutes les autres fonctions du corps – digestion, nutrition des muscles, des tendons, respiration… Toute tension accumulée sous l’effet répété du stress, des émotions, des peurs peuvent bloquer le Qi et générer manifestations telles que : douleurs musculaires dues à des muscles insuffisamment irriguées, digestion altérée, palpitations cardiaques, troubles de l’humeur, du sommeil…

 

Toujours avec le regard de la Médecine Chinoise Traditionnelle, toute maladie chronique dont les manifestations sont la fatigue, le stress, les insomnies récurrentes, la dépression, l’incapacité à absorber des chocs physiques ou émotionnels, finissent par endommager la “batterie du corps“ et donc la fonction du rein (énergie ancestrale ainsi décrite par la Médecine Traditionnelle Chinoise). Renforcer cette fonction est un travail de longue haleine qui demande de travailler sur son hygiène de vie, son alimentation, son sommeil, ses relations sociales, personnelles, sa capacité à affronter le stress de la vie… En MTC, la fonction du rein est aussi en lien avec les moelles et donc le cerveau.

Le traitement

Le principe de base pour le traitement des fibromyalgies est un principe global :

  • Traiter la globalité du système musculo-squelettique pour diminuer les tensions musculaires ;
  • Hygiène alimentaire pour améliorer le fonctionnement du foie
  • Activité physique adaptée et régulière (marche rapide…)
  • Méditation ou autre pratique pour calmer le stress.

En savoir plus

Un condensé sur le sujet 

Médecine Traditionnelle Chinoise et Fibromyalgie

Proposition de traitement

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