Facias : serait-ce une des clés de nos douleurs inexpliquées ?

Publié le 2 mars 2018 par Jacques Estrade

Longtemps considérés comme infimes, invisibles et collants, les fascias font aujourd’hui l’objet de recherches scientifiques. Cette enveloppe fibreuse nous enveloppe d’une seule pièce et relie ainsi toutes nos structures de la plus superficielle, la peau, aux plus profondes, les organes, le cerveau, les os… Cette membrane homogène, garante de notre unité constitue un nouveau socle de recherches thérapeutiques… et serait l’une des sources de nos maux de dos inexpliqués ! Plongée dans nos fascias…

Les fascias… des tissus fascinants

  • Ce tissu conjonctif tisse une toile fibrille qui va sans discontinuité de la surface à la profondeur et relie tous nos points du corps tel un immense réseau maillé.
  • La densité des fascias varie. Très souple autour des organes et viscères, ils se densifient au niveau des tendons et des fibres de Sharpey qui s’insèrent dans l’os.
  • Composé essentiellement d’eau et de collagène, cette membrane favorise le glissement entre les différents systèmes : muscles, organes, os, vaisseaux, nerfs…
  • Leur structure élastique associée aux muscles soutient nos os en suspension. Ce sont eux qui nous tiennent debout et non, notre squelette comme souvent on l’imagine ! Ce principe porte le nom de tenségrité, terme créé pour définir un concept architectural « une organisation architecturale associant « des îlots de compression dans un océan de tensions. » et aujourd’hui, employé pour décrire la bio-mécanique ostéopathique, une étape essentielle pour en démontrer sa vision unitaire du corps.
  • Par ailleurs, les dernières recherchent démontrent la forte innervation des fascias, plus importante que les muscles et qui en font d’excellents capteurs d’informations, d’émotions, de stress… et par voie de conséquence de douleurs. D’où pour exemple, l’explication de nos maux de dos sans manifestation apparente. Cette connaissance des fascias explique parfaitement la pathologie fibromyalgique.

 

Que ce soient les techniques faisant appel à l’ostéopathie, la kinésithérapie ou la Médecine Traditionnelle Chinoise, toutes impliquent les fascias et se relient, dialoguent à travers eux. Ils représentent une des clés d’entrée de la Global Soft Thérapie à l’intérieur du corps ! Travailler sur un organe/viscère peut s’effectuer à partir des fascias au niveau superficiel (tout est relié surface et profondeur). Pour obtenir une action pérenne au niveau des articulations, la partie la plus dense des tendons et ligaments, il est plus important de l’aborder par la partie la plus souple, organes et viscères. Dans ce cadre, la MTC permet d’accéder par différentes techniques aux organes/viscères :

  • Tuina : techniques de massages chinoises
  • Travail d’harmonisation des méridiens.

 

Quel rôle jouent les fascias dans le mal de dos ?

Le premier atlas des fascias (Functional Atlas of the Human Fascial System) réalisé après plus d’une centaine de dissections par le Professeur Carla Stecco, chirurgien orthopédiste et chercheur italien permet de confirmer la continuité fasciale et son rôle connectif, en particulier entre muscles, nerfs et vaisseaux sanguins.

Les fascias forment des chaines cinétiques myofasciales qui nous recouvrent de bas en haut. Les tests réalisés montrent qu’en actionnant un point au niveau du pied, le mouvement se propage le long de la cuisse et opère un glissement tissulaire. Toute chaine fasciale doit être libre d’opérer ses mouvements pour permettre aux différentes articulations tissulaires, osseuses… de fonctionner correctemment. Tout fascia contracté peut créer un blocage comme un léger pincement du nerf et génèrer une douleur. Et n’oublions pas que pour Still, le fondateur de l’ostéopathie, la règle de l’artère est suprême. Tout blocage à ce niveau crée une lésion à distance.

 

Parmi les chaines fasciales, le fascia thoraco-lombaire qui longe la colonne vertébrale reste le plus connu. Très souvent affecté de maux non expliqués – et non visibles lors d’examens (aucune vertèbre ne présente de lesions)-, les douleurs restent malgré tout présentes (maux de dos, fibromyalgie…). Des examens approfondis montrent que la densité du fascia thoraco-lombaire superficiel est modifiée, et nettement augmentée chez les patients lombalgiques, 25% plus épais (cf. études du Professeur Langevin). Ce processus d’épaississement (objectivée par les images échographiques) pourrait être à la source d’une réduction du potentiel de glissement des couches profondes du fascia thoraco-lombaire.

 

Quelles sont les raisons de la douleur d’un fascia ?

Mauvaise posture, stress, manque d’exercice physique, traumatismes, opérations chirurgicales… les raisons de provoquer l’épaississement d’un fascia sont nombreuses.

  • Le manque d’exercice physique, l’immobilisation suite à une fracture vont provoquer une surproduction et densification de collagène qui va s’accumuler dans le fascia, réduire sa fonction et risque aussi de provoquer une inflammation du tissu (muscles et nerfs bloqués et cause de douleurs).
  • Le stress : les fascias peuvent se contracter seuls, indépendamment des muscles et des nerfs. Ils sont les premiers à réagir au stress émotionnel, bien avant les muscles. Tout fascia contracté provoque une douleur.

Un rapprochement pourrait être fait ici avec le massage des trigger points. Reconnus comme généralement source de douleurs, ces points se situent aux points d’insertion de plusieurs muscles dont parmi eux, les muscles trapèze, grand dorsal et grand fessier.

En médecine Traditionnelle Chinoise, ces trois muscles sont en relation avec le Méridien du Ministre du Cœur (ou Maître Cœur) dont la fonction est de protéger le cœur des atteintes physiques, émotionnelles, spirituelles.

 

 

Comment libérer les douleurs liées aux fascias ?

Plusieurs solutions existent :

  • L’activité physique régulière et pratiquée régulièrement avec des phases lentes et rapides, (augmentation de l’intensité) ou des phases alternées : un jour de sport, deux ou trois jours de repos. L’augmentation de chaleur provoquée dans les tissus par l’activité sportive permet de dissoudre les proliférations de tissus conjonctifs et donc la densification des fascias.
  • Le travail des méridiens par la Médecine Traditionnelle Chinoise donc les Massages ou Tuina. L’acide hyaluronique lubrifie les tissus conjonctifs et contribue à l’hydratation de l’ensemble des tissus. Un massage soutenu et lent réalisé le long des chaines fasciales permet d’évacuer l’eau stagnante des tissus qui peuvent ainsi renouveler leurs réserves d’eau.
  • L’ostéopathie en modifiant l’insertion des muscles, libère les muscles
  • Les automassages, le massage des trigger points…

Le Méridien de la Rate et les fascias (vue en MTC)

En Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), le méridien de la Rate est connu pour régir les tissus conjonctifs et les fascias, celui du Foie régit les muscles et les tendons, il joue aussi un rôle primordial dans la gestion des émotions tout en étant fortement affecté par la colère (provoque une montée de chaleur à la tête, de même que le stress et les tensions continuelles bloquent l’énergie du foie et de l’ensemble des organes). Les deux méridiens travaillent de concert et le blocage de l’un concourt au blocage de l’autre. Par ailleurs, la fonction du méridien de la Rate est d’assurer la transformation et le transport des aliments pour nourrir le sang, les os… Méridien Yin par excellence, donc sans force motrice alors qu’il doit faire remonter l’énergie, ce méridien est particulièrement sensible à tout blocage qui va l’empêcher d’assurer sa fonction de transport et de diffusion des nutriments et vitamines aux système sanguin.

Pour éviter toute douleur aux fascias, il est important de prendre soin de son corps au niveau alimentaire mais aussi psychique et émotionnel.

Actualités

Mai 2018 – Les Dossiers de santé et Nutrition N°80 – Lien entre malocclusion dentaire et fibromyalgie

 

Dans ce dossier où il est étudié le lien entre les problèmes dentaires et les maux de dos, les pathologies telles que le cancer, la fibromyalgie, il est souligné l’importance de l’occlusion dentaire et les risques de la malocclusion comme facteur pouvant générer des tensions et des douleurs.

En effet lorsqu’il y a malocclusion dentaire, « Le face à face des dents du maxillaire supérieur et du maxillaire inférieur n’est pas harmonieux et entraîne des déséquilibres d’appuis, des tensions musculaires et parfois des maux de tête. S’il existe des tensions au niveau des muscles maducateurs (qui servent à manger), très puissants, cela peut entraîner des compensations de chaines musculaires entières.

Par ailleurs, il existe de petits éléments très sensibles – au centième de millimètre près – situés entre la racine des dents et l’os alvéolaire. Ce sont les « propriocepteurs desmodontaux ». Pour information, les organes propriocepteurs sont chargés de renseigner le cerveau sur nos positions internes. S’ils sont perturbés – comme dans le cas de d’occlusion dentaire -, cela peut conduite à des douleurs du cou et des épaules, des maux de dos, de la fatigue, de la dépression, et même contribuer à l’apparition d’une fibromyalgie. »

Extrait du dossier de santé et nutrition N°80 Mai 2018

En savoir plus

  • L’article ci-dessus fait référence à une émission parue sur Arte : les fascias, les alliés cachés de notre organisme.
  • Atlas des fascias réalisé par Carla Stecco, Professeur Italien
  • Le livre de Thomas Myer, Anatomy Trains
  • Les fascias, présentation 
  • Vision des fascias par Serge Paoletti, ostéopathe et auteur du livre Les fascias : Rôle des tissus dans la mécanique humaine
  • « Les fascias ont la propriété de se déformer et de retrouver leur forme initiale en dispersant les chocs. Il semblerait qu’ils gardent aussi en mémoire les déformations subies en accumulant de l’énergie au niveau local 18. On peut parler ainsi de mémoire tissulaire accumulée. «  Quand le pouvoir tampon du tissus conjonctif est dépassé, à savoir lorsqu’un traumatisme ou une agression quelconque surpasse une certaine intensité, on assiste à la mise en place d’un stress local qui va plus souvent évoluer de manière muette et ce parfois, pendant des années, mais qui ultérieurement dans la majorité des cas va tendre vers un état pathologique. Ceci se fait à partir d’un mécanisme local autonome mais par l’intermédiaire du système nerveux peut très rapidement gagner une zone beaucoup plus étendue par le mécanisme de facilitation d’un segment médullaire. »
  • Prendre du collagène peut améliorer sa peau et ses tendons : le Collagène de type 2, sans dioxyde de titane TIO2 (E171), sans stérate de magnésium (E572) est recommandé. Les nanoparticules de titane altèrent in vitro, la barrière hémato-encéphalique avec le risque de créer une inflammation cérébro-vasculaire. A savoir, ces nano particules se retrouvent dans les cosmétiques, les crèmes solaires, les peintures…

 

 

 

 

 

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