Ostéopathie et accouchement

Accouchement, sexe et incontinence !

Publié le 22 janvier 2019 par Jacques Estrade

Les trois se situent dans la même région, celle du bassin. Si ce dernier est déséquilibré lors de l’accouchement, les risques sont nombreux : pour l’enfant, le risque d’un crâne déformé, pour la femme, celui de souffrir d’incontinence urinaire… ou de douleurs lors des relations sexuelles… Alors pour la joie et la santé de tous, mieux vaut accoucher avec un bassin équilibré !

L’accouchement, un moment à risques pour la femme

Dans son livre « Périnée, arrêtons le massacre », le Dr Bernadette de Gasquet souligne les risques des suites de l’accouchement. « La position gynécologique et la poussée bloquée exposent la maman à des risques :

  • les poussées menacent les ligaments et tout le système de suspension d’autant plus que la position demande de pousser encore plus et plus longtemps, avec des résistances majorées et un réflexe expulsif absent. Les risques après l’accouchement sont des descentes d’organes et donc des incontinences.
  • L’asymétrie de l’accouchement « vrille » le bassin et entraine une asymétrie dans la contraction des muscles du périnée. Les muscles profonds du périnée qui tapissent latéralement le vagin sont très asymétriques avec la sensation d’une corde tendue d’un côté, et d’un vide de l’autre. Les contractions du périnée risquent d’accentuer le déséquilibre. L’asymétrie des muscles peut aussi provoquer lors des rapports sexuels des douleurs très vives dues au muscle surtendu et des incontinences urinaires réflexes, impossibles à rééduquer. »

Par ailleurs, elle souligne un autre risque qui est la « luxation du coccyx, très douloureux mettant en danger le sphincter anal à terme et diminuant la continence anale et la mobilité périnéale. » Sans oublier les risques pour l’enfant en phase de naître au monde : « La position gynécologique oblige le bébé à fixer son occiput sous la symphyse et à remonter en inclinant sa tête “en arrière“ par rapports à son corps et en défléchissant sa nuque (et ce d’autant plus que la mère est redressée). C’est dangereux pour lui, pour l’oxygénation de son cerveau et particulièrement du bulbe rachidien où se situent les centres de la respiration, de l’équilibre et de la vision. »

En conclusion de ce paragraphe, elle préconise un traitement ostéopathique immédiat après l’accouchement : « Avant le premier lever de la femme qui vient d’accoucher, il faudrait rééquilibrer le bassin. »

 

Traiter le bassin AVANT la naissance, la clé d’un accouchement réussi

 

Ma pratique ostéopathique auprès des femmes enceintes depuis plusieurs décennies montre qu’il est important de les suivre tout au long de la grossesse, et tout particulièrement le dernier mois précédent l’accouchement.

Retrouver la mobilité et l’équilibre des os du bassin avant l’accouchement est primordial, pour la mère et pour l’enfant. Le crâne de l’enfant est cartilagineux et membraneux, donc malléable lors de l’accouchement, il subit de nombreuses pressions qui risquent de le déformer si le passage n’est pas symétrique. Un accouchement avec un coccyx luxé, un bassin vrillé et un sacrum qui, de part la position des os, des ligaments et des muscles ne peut plus exercer son rôle de garant de l’axe de symétrie, est porteur de risques. Pour l’enfant mais aussi pour la mère : risque futur d’incontinence, d’asymétrie des faisceaux ilio-coccygiens du périnée, associée à des asymétries des muscles obturateurs qui sont responsables de douleurs dans le bas du dos et lors des rapports sexuels… il est donc essentiel de vérifier la posture de la parturiente avant l’accouchement. C’est par un traitement ostéopathique complet que le bassin va se rééquilibrer, les iliaques vont retrouver une mobilité symétrique à droite et à gauche, le diaphragme et les muscles du périnée vont se relâcher et libérer les tensions au niveau digestif… Les douleurs situées au niveau des épaules, des genoux, des lombaires devraient disparaître, le ventre perdre sa surtension. En définitive, le traitement doit donner à la mère le sentiment d’un bébé qui flotte dans son ventre. Toutes les compressions devraient disparaître.

 

Pourquoi suivre la parturiente tout au long de sa grossesse ?

 

Le port d’un enfant déstabilise le centre de gravité de la parturiente. Le ventre pointant vers l’avant, la femme va dans certains cas compenser par une cambrure accentué au niveau des lombaires et une tension du diaphragme. Celui-ci risque de rester bloqué en position haute avec pour manifestations, une respiration plus courte, un système digestif comprimé, un ventre tendu.

Lorsque le diaphragme perd de sa mobilité naturelle, le périnée suit la perte de mouvement et ne peut plus descendre.

De plus, un diaphragme en dysfonction ne permettra pas un accompagnement optimal lors de la poussée.

Comprendre l’anatomie de manière fonctionnelle est primordiale et permet souvent de libérer des douleurs dues à des postures en recherche de compensation.

 

Comment savoir si son bassin est déséquilibré ?

 

Pour vérifier son centre de gravité, il existe un exercice simple à réaliser pour vérifier la symétrie de sa posture, côté droit et gauche. Toute perte de symétrie se retrouve au niveau des os iliaques qui ainsi dénotent un bassin déséquilibré.

L’exercice est le suivant : se placer debout, nue, face à un miroir, les bras le long du corps, les pieds à plat, écartés de la largeur du bassin. Fermez les yeux et détendez-vous pour laisser le corps retrouver une position debout confortable.  Le corps va légèrement tanguer (attention de ne pas tomber) avant de retrouver une certaine stabilité agréable. A ce moment, ouvrez les yeux et regardez la posture du corps. Est-il droit ?  Ou une jambe est-elle légèrement plus en avant ? Les deux genoux sont-ils sur la même ligne ? Le haut de la poitrine est-il en tension ? Observer la symétrie des plis inguinaux, de l’espace entre le thorax et les bras… Toute asymétrie est la manifestation d’un décalage du bassin. Le plus visible c’est le losange entre le thorax, le bassin et les avant-bras.

Par ailleurs, il est important de noter plusieurs symptômes qui peuvent laisser suspecter un bassin en déséquilibre : une respiration haute, courte, des tensions au niveau de l’estomac, des remontées gastriques, des douleurs au niveau lombaire. Tous ces symptômes signent un diaphragme bloqué.

Lorsqu’une femme est enceinte, elle vit de tels changements anatomiques qu’il est facile d’en perdre ses repères et sa confiance en soi. Et pourtant, plus elle se fera confiance, plus elle écoutera son corps dans ses douleurs, ses blocages, respiratoire, digestif, sexuel, plus elle sera capable de poser des questions et de trouver des réponses auprès des praticiens de santé. Mieux connaître son corps, son anatomie, mieux écouter ses perceptions entre sa capacité respiratoire et ses répercussions anatomiques permet de trouver des solutions simples qui augmentent le bien être de l’enfant et de la mère.

 

Quelques conseils

 

  • Une visite chez son ostéopathe dès que les douleurs lombaires, digestives sont trop présentes.
  • Une visite lors du dernier mois de grossesse, 15 jours avant la date d’accouchement présumé pour travailler sur les os du bassin et le sacrum.
  • Avant la date présumée d’accouchement, ne pas hésiter à détendre par des massages la zone périnéale pour faciliter l’accouchement. Encore une fois, il est important que la femme retrouve confiance en ses ressentis. L’accouchement est lui-même un moment d’ouverture total du corps, les os du bassin se préparent à ce grand passage. Libérer cette zone c’est offrir au bébé une entrée dans la vie dans l’ouverture et le confort.

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